RDC: Jumelage des barreaux de Mons et Kananga

RDC: Jumelage des barreaux  de Mons et Kananga

Par Marie-France Cros.

Ce jeudi 26 octobre, se tiendra à Mons la cérémonie de jumelage des barreaux de Mons (Hainaut, Belgique) et Kananga (Kasaï-central, RDC), en vue de développer les relations entre les avocats des deux villes.

La cérémonie se déroulera à 16h aux Cours de Justice de Mons, en présence, notamment, du bâtonnier des avocats de Kananga, Me Dominique Kambala. Elle doit lancer une « coopération étroite » entre les barreaux des deux villes, toutes deux capitales provinciales et comprenant « un nombre quasi identique d’avocats », a indiqué à La Libre Afrique Me Bernard Popyn.

Selon l’avocat belge, il s’agit principalement de développer les relations confraternelles entre avocats des deux barreaux; de leur permettre de se rendre compte de la manière dont leur profession est exercée dans l’autre pays; d’améliorer la connaissance réciproque des systèmes juridique et judiciaire des deux pays pour « favoriser l’assistance à leurs ressortissants en séjour dans l’autre pays »; d’échanger sur la déontologie et la formation professionnelle et de voir comment donner plus de visiblilité à la défense des droits de l’homme pratiquée au quotidien par les avocats kasaïens.

Zone de trouble depuis 2016

Ces derniers vivent en effet une situation difficile depuis qu’à la mi-2016, une rébellion a éclaté au Kasaï-central, avant de s’étendre à tout le Grand Kasaï et déborder sur la province katangaise du Haut-Lomami  et celle du Kwilu, ainsi qu’en Angola et Zambie, touchés par l’afflux de déplacés et réfugiés (1,4 million de personnes au total). « Se déplacer, rencontrer un client, défendre le principe de la présomption d’innocence et exercer sans entrave les droits de la défense » est devenu, selon le bâtonnier Kambala, un « défi quotidien et extrêmement périlleux ».

Selon le bâtonnier, nombre des avocats du barreau de Kananga « sont engagés dans la défense des droits de l’homme et l’aide aux victimes, grâce à l’organisation de bureaux d’assistance gratuite et l’obligation de pro deo pour les stagiaires ». Ils courent donc les risques liés à ce travail en zone de troubles: hausse massive des arrestations et des procès; désertion des magistrats dans les villes les plus touchées par les violences (Tshikapa, Luebo, Tshimbulu); mise sur pied de tribunaux coutumiers (pour remplacer la justice d’Etat) qui ne respectent pas nécessairement les règles de justice équitable (les accusés ne sont pas toujours aidés d’un avocat; recours « facile » à la torture; exécutions « fréquentes »); accroissement du terrorisme et du banditisme, ainsi que de la méfiance qui « conduit régulièrement les belligérants à identifier l’avocat à la cause de son client ».

Les avocats du barreau de Mons ont été préparés au jumelage par une conférence sur la vie de leurs confrères de Kananga donnée notamment par un avocat inscrit aux barreaux de Bruxelles et Kananga, Me Dieudonné Tshibuabua Mbuyi, et des membres d’Avocats sans Frontières ayant mené des missions en RDC.

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