Lubumbashi : rafle policière au QG de l’UDPS à la veille de la venue de Félix Tshisekedi

Lubumbashi : rafle policière au QG de l’UDPS à la veille de la venue de Félix Tshisekedi

Par Hubert Leclercq

La venue du président du Rassemblement de l’opposition, Félix Tshisekedi, à Lubumbashi, ce lundi, irrite le pouvoir qui multiplie les embuches pour contrecarrer cette visite.

Initialement, le pouvoir en place à Kinshasa pensait utiliser cette visite du président du Rassemblement de l’opposition dans la capitale de l’ex-Katanga pour faire naître des troubles et des affrontements similaires à ce qui s’était produit lors de la dernière comparution de Moïse Katumbi devant ses juges en juin 2016. Ce jour-là, ce sont les policiers, certains en civils, qui ont provoqué les affrontements notamment par des jets de pierres.

Mais des élus de la majorité n’ont pas voulu participer à cette nouvelle flambée de violence et ont éventé, notamment à La Libre Afrique.be, les plans manigancés par Kinshasa.

Le plan connu, le pouvoir a sorti de sa manche le bourgmestre de Lubumbashi qui a produit un communiqué dans lequel il rappelle que toute manifestation est interdite et sera réprimée.

Un courrier qui n’a pas découragé les membres de l’opposition de Lubumbashi et en particulier ceux de l’UDPS de s’organiser pour accueillir leur champion. Face à ces préparatfs et à cette mobilisation, les autorités de la  RDC, pour rappel futur membre du Conseil des droits de l’homme, n’ont pas hésité, ce dimanche soir, 22 octobre, à faire donner la police et la Garde Républicaine pour mettre sous séquestre la permanence de l’UDPS à Lubumbashi. Près de 80 partisans de Félix Tshisekedi, venus de tous les coins de l’ancienne province du Katanga, ont été arrêtés sans ménagement, selon divers témoignages, tandis que les affiches et les drapeaux préparés pour célébrer cette visite ont été arrachés.

« Nous condamnons ces actions barbares, indignes d’un état qui se proclame être membre du conseil des droits de l’homme et nous exigeons sans délai la libération de tous les combattants et la restitution de tout le matériel saisi », a lancé Abraham Luakabuanga, porte-parole de Félix Tshisekedi, qui a mis en garde « tout responsable politique, civil et militaire qui outrepassera ses attributions en usant de la violence contre nos pacifiques combattants afin d’empêcher tout accueil du chef de file de l’opposition en RDC dans la ville de Lubumbashi ».

La tension était palpable ce dimanche soir à Lubumbashi. Le dispositif sécuritaire ne cessait de croître dans le centre de la ville et aux abords de l’aéroport. « Pour rappel, il s’agit du déplacement d’un homme politique, rien d’autres », expliquait un membre de l’opposition.  « Vous imaginez si Kabila devait accepter un jour d’organiser des élections, avec de telles mobilisations de force pour un homme, il n’aurait pas assez de policiers pour tenter d’intimider tous les candidats des autres partis. Et tout ça dans un pays qui vient d’être élu au conseil des droits de l’homme de l’Onu. C’est de la folie. »

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