RDC : Toujours sans nouvelle de Marie Joëlle

RDC : Toujours sans nouvelle de Marie Joëlle

Par Hubert Leclercq

Mercredi 18 octobre au matin, des étudiants de l’Unikin, fâchés de la nouvelle annonce du report de la présidentielle, décident de manifester leur grogne pacifiquement.

La police ne tarde pas à réagir. Des affrontements éclatent quand la police tire des gas lacrymogènes. Plusieurs jeunes sont blessés, certains arrêtés. Parmi ces jeunes arrêtés Marie joëlle, étudiante en science politique et administrative, âgée de 23 ans et originaire de Kinshasa.

Depuis ce jour, la jeune fille, ancienne membre de la Lucha passée dans les rangs du mouvement « Engagement citoyen pour le changement » (Eccha) n’a pas donné signe de vie. Après avoir passé quelque temps dans les cachots de la police, elle a été transférée au siège des services de renseignement (ANR) commandés par Kalev, exécuteur des sales besognes de la présidence congolaise.

« On sait qu’ils lui ont confisqué son téléphone et qu’ils tentent d’entrer en contact avec les derniers numéros qui sont sur son portable », explique un de ses amis. « L’objectif est de repérer les jeunes qu’elle connaît et de leur mettre la pression ». 

La crainte des étudiants

« La jeunesse fait peur au pouvoir », lance un autre ami. « C’est pour ça que la police intervient très vite et violemment quand nous sommes dans la rue. Ils ont peur de la contagion. C’est aussi pour cela qu’ils ont approché certains leaders des mouvements estudiantins pour essayer de les corrompre. Ca ne marche pas, la plupart des jeunes refusent de jouer dans leur jeu. Mais ce n’est pas la cas de tout le monde mais ils parviennent à faire naître le doute et donc à diminuer la confiance si vitale entre nous. »

Près de 72 heures après son interpelation Marie Joëlle est toujours détenue, n’a pas vu de juge d’instruction, ni d’avocat. Un procédé en totale violation des droits de l’homme.

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